Attentat contre l’Institut Max-Planck, Cologne

– août 1985 –

Éliminer la faim : politiciens, scientifiques et industries chimiques prétendent tous le vouloir, mais l’organisation est de plus en plus parfaite. La faim, meilleure arme des métropoles contre le « tiers-monde ».

La technologie génétique offre une nouvelle dimension, celle de l’obtention du pouvoir sur les aliments et leur production. L’Institut Max-Planck pour la recherche des variétés, à Cologne-Vogelsang, est un centre pour « technologie génétique verte ». Au Centre génétique de Cologne, où sont associés l’université de Cologne, les usines Bayer Leverkusen et le ministère fédéral de la Recherche, l’effort est concentré sur la génétique végétale, surtout sur le développement de nouvelles variétés et méthodes.

L’IMP produit des espèces végétales qui n’existent pas dans la nature, qui ont des rendements élevés et qui ne sont pas fragiles face aux organismes nuisibles. Des caractères héréditaires de variétés différentes ou d’organismes vivants sont transférés aux plantes à l’aide de la technologie génétique. Ainsi, par exemple, des bactéries qui peuvent utiliser l’azote de l’air sont manipulées génétiquement dans les céréales, afin que l’utilisation d’engrais azoté puisse être réduite pour ces variétés.

De même, des plantes prétendument résistantes contre les pesticides toxiques sont développées. Ces expériences entraînent une destruction de la variété naturelle des espèces et des problèmes écologiques imprévisibles. Avec leur science, ces messieurs étendent leur pouvoir à la structure interne de la vie, naturellement sans savoir quelles pourraient en être les conséquences. Bayer Leverkusen s’assure les brevets / droits sur les structures génétiques développées dans le Centre génétique de Cologne, grâce à quoi ces nouvelles créations deviennent sa propriété.

Ces nouvelles variétés ont en tout cas une conséquence : leur utilisation rentable prolonge le processus social de destruction de la « révolution verte » et augmente le pouvoir des multinationales agronomiques, chimiques et alimentaires. Ils n’éliminent pas la faim.

Ici, des « plantes politiques » sont cultivées, dont les conséquences sont le contrôle mondial de l’économie agricole par quelques consortiums multinationaux et l’augmentation de leurs profits. Sur le terrain de l’IMP, un nouveau laboratoire se construit avec des financements de la région — une expression du boom actuel de la recherche génétique. Nous y avons posé une bombe le 18 août 1985 pour faire obstacle à leur travail.

Rote Zora

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :